En s’attaquant aux infections nosocomiales, GSE s’ouvre le marché des hôpitaux

Effectuer la désinfection de toute une pièce et de son contenu, en assurant une traçabilité des cycles de désinfection et en réduisant au maximum l’intervention humaine par un procédé entièrement programmable : c’est la réponse qu’apporte Gloster Santé Europe (GSE), une PME toulousaine au problème de la désinfection de certains lieux, notamment en milieu hospitalier. On estime actuellement qu’entre 600 000 et 1 million de Français sont touchés chaque année par les infections nosocomiales, contractées dans les hôpitaux, dont pas moins de 12 000 décès par an. Pour lutter contre ce fléau, GSE, PME créée en 1999 par Henri-Louis Schwal, médecin de formation et David Kassar, lance sur le marché un appareil programmable et mobile de désinfection des volumes et des surfaces par la technique du brouillard sec, baptisé Sterinis.

« Actuellement, les principales méthodes utilisées n’offrent pas de résultats satisfaisants », constate David Kassar, directeur général. La désinfection manuelle par des lingettes ou des pulvérisateurs ne traite que les surfaces accessibles. La pulvérisation humide par un appareil à turbines, qui émet des gouttes de produit dont la taille est de l’ordre de 80 à 200 microns, laisse aussi des zones non traitées. « Notre technologie du brouillard sec se caractérise par des gouttelettes dont le diamètre est de 8 à 12 microns en moyenne gaussienne et permet une meilleure diffusion dans l’ensemble du volume traité, avec une répartition homogène sur toutes les surfaces », insiste David Kassar. Mobile et peu encombrant (1,08 mètre de hauteur, 51 centimètres de large et 42 kilos), l’appareil est entièrement programmable avec une traçabilité des cycles de désinfection (enregistrement des données sur six mois avec sortie USB). Le produit désinfectant (à base de peroxyde d’hydrogène et de cations d’argent) est un bactéricide et un fongicide à large spectre, conditionné sous forme de cartouches de 2 litres à usage unique, commercialisées sous la marque Stérusil.

Objectif : vendre 3 000 appareils par an

La mise au point de Sterinis et de son consommable Stérusil a nécessité deux ans et demi et de nombreux partenariats avec des équipes de recherche de l’Icam (Institut catholique des Arts et Métiers) et de l’Onera à Toulouse, ainsi qu’avec un laboratoire du CNRS à Rouen, spécialisé dans l’atomisation des liquides et les systèmes de brumisation. Deux brevets ont été déposés, l’un concernant la tête de brumisation et l’autre, le système de contrôle d’utilisation des cartouches et la traçabilité sur le cycle de désinfection. GSE a également fait appel à deux autres PMI toulousaines : Studelec pour la partie électronique et Blanc Tailleur pour le design et la mise en oeuvre des process industriels. Une première série de 650 appareils devrait être produite avant la fin de l’année. Pour 2004, la société table sur la commercialisation de 3 000 appareils. Des contacts sont d’ores et déjà engagés en Belgique, en Allemagne, dans les pays scandinaves et en Asie. Outre les milieux hospitaliers, la PMI compte séduire les cabinets médicaux et paramédicaux, les maisons de retraite et les crèches et de nombreux professionnels soucieux d’améliorer l’hygiène de leurs locaux (salons de coiffure ou salons d’esthétique).

Source : L’Usine Nouvelle